Diabète

Le diabète est une maladie chronique causée par un manque ou un défaut d'utilisation d’une hormone appelée insuline qui permet au glucose (sucre) d’entrer dans les cellules du corps pour qu’il soit utilisé comme source d’énergie.

De quoi s’agit-il?

Le diabète est une maladie chronique qui ne se guérit pas, mais qu’il est possible de traiter. Il survient lorsque le corps ne parvient pas à bien utiliser le glucose, un sucre qui est un carburant essentiel à notre fonctionnement. Pour entrer dans les cellules, le glucose a besoin d’une hormone produite par le pancréas : l’insuline. Chez les personnes atteintes de diabète, l’insuline est insuffisante ou n’est pas utilisée correctement. Le glucose s’accumule alors dans le sang et entraîne une augmentation du taux de sucre (hyperglycémie).

À la longue, un taux de glucose élevé dans le sang entraîne des complications irréversibles, notamment aux yeux, aux reins, aux nerfs, au cœur et aux vaisseaux sanguins.

Qui est touché par le diabète?

Véritable enjeu de santé publique, le diabète touche un nombre grandissant de personnes. Aujourd’hui, plus de 830 000 Québécois vivent avec cette maladie chronique, soit plus de 10 % de la population (Diabète Québec, 2014). Si vous n’êtes pas atteint de diabète, il est fort probable que vous connaissiez quelqu’un dans votre entourage qui en souffre.

Même si l’hérédité joue un rôle dans son apparition, on associe l’augmentation du diabète à l'alimentation et au mode de vie : abondance de sucres raffinés, de gras saturés et de viande, pauvreté en fibres alimentaires, surplus de poids, manque d'activité physique. Plus ces caractéristiques augmentent au sein d'une population donnée, plus l'incidence du diabète s’accroît.

Les principaux types de diabète

Il existe trois principaux types de diabète : type 1, type 2 et diabète gestationnel.

Diabète de type 1

Aussi connu sous le nom de « diabète insulinodépendant » ou « diabète juvénile », ce type de diabète apparaît pendant l'enfance, à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, rarement chez les personnes plus âgées. Il touche environ 10 % des personnes diabétiques. Il se caractérise par l'absence totale de production d'insuline. La personne diabétique de type 1 dépend donc d'injections quotidiennes d’insuline ou d'une pompe à insuline afin d’assurer sa survie.

Diabète de type 2

Souvent désigné sous les noms de « diabète non insulinodépendant » ou « diabète de l'adulte », le diabète de type 2 est la forme la plus fréquente de diabète (90 % des cas). Il se manifeste généralement à l’âge adulte, chez des personnes de 40 ans et plus. Malheureusement, on constate depuis quelques années qu’il apparaît chez des personnes de plus en plus jeunes. Chez certaines populations à risque, il peut même apparaître dès l'enfance.

Chez certains diabétiques de type 2, la production d’insuline par les cellules du pancréas est insuffisante. Chez d’autres, l'insuline produite n'accomplit pas bien son travail; on parle alors de « résistance à l’insuline ». Dans les deux cas, le résultat est une augmentation du taux de sucre dans le sang, car le corps utilise mal le glucose comme source d’énergie.

Diabète gestationnel

Aussi appelé « diabète de grossesse », ce type de diabète touche environ 4 % des femmes enceintes au Canada. Il se manifeste par une augmentation de la glycémie vers la fin du 2e ou au 3e trimestre de la grossesse. Il affecte à la fois le bébé et la mère. Dans 90 % des cas, il disparaît après l'accouchement, mais la mère devient plus à risque de développer un diabète de type 2 au cours de sa vie.

La plupart des femmes enceintes qui souffrent de diabète gestationnel n’ont pas de symptômes. C’est pourquoi un test de dépistage est recommandé entre la 24e et la 28e semaine de grossesse.

Comment peut-on prévenir le diabète de type 2?

Nous faisons des choix qui influencent notre santé tous les jours. L’adoption d’un mode de vie sain demeure la clé en matière de prévention. L’intégration des saines habitudes de vie suivantes dans votre routine quotidienne peut prévenir ou retarder l’apparition du diabète de type 2 et ses complications :

  • Maintenez  un poids santé. Selon l’Association canadienne de diabète, environ 80 à 90 % des gens ayant un diabète de type 2 sont obèses.
  • Ayez une alimentation saine; consultez une nutritionniste au besoin.
  • Faites de l’activité physique régulièrement, soit au moins cinq fois par semaine durant au moins 30 minutes.
  • Ne fumez pas, car le tabac endommage les vaisseaux sanguins et favorise les maladies cardiovasculaires.
  • Évitez l’alcool ou modérez votre consommation.
  • Réduisez votre stress.

Est-ce que manger trop de sucre cause le diabète?

Les causes du diabète sont plus complexes que le simple excès de sucre dans l’alimentation. Manger des aliments sucrés ne cause pas nécessairement le diabète. Par contre, en manger de façon régulière peut entraîner un surplus de poids, un facteur de risque important du diabète de type 2.

Quels sont les symptômes du diabète?

Qu’il soit question de diabète de type 1 ou de type 2, les symptômes sont sensiblement les mêmes. Ces symptômes comprennent :

  • une envie d’uriner plus fréquente;
  • une augmentation de la soif et de la faim;
  • un changement de poids (gain ou perte);
  • une fatigue extrême ou un manque d'énergie;
  • une vision floue;
  • une augmentation des infections de la peau, des gencives, de la vessie, de la vulve ou du prépuce;
  • un engourdissement ou un fourmillement dans les mains et les pieds;
  • un ralentissement de la cicatrisation et de la guérison des plaies.

Dans le cas du diabète de type 2, les symptômes peuvent passer inaperçus longtemps, mais la maladie se développe quand même et cause des dommages qui peuvent être irréversibles.

Des plaies qui guérissent difficilement

Chez les personnes diabétiques, une perte de sensibilité et des troubles de vascularisation entraînent une augmentation des risques de plaies, et celles-ci guérissent moins bien en raison du ralentissement du processus de cicatrisation.

Les diabétiques présentent également un risque accru d’infection. Ces différents facteurs les exposent à des plaies chroniques difficiles à cicatriser. À ces plaies s’ajoutent souvent des phénomènes infectieux pouvant mener jusqu’à l’amputation.

L’importance du soin des pieds

Les personnes qui souffrent de diabète peuvent subir une diminution, voire même une perte complète de la sensibilité au niveau des pieds. Comme ces personnes ne perçoivent pas la douleur adéquatement et que celle-ci sert souvent de signal d’alarme en cas de blessure, une petite plaie peut rapidement se transformer en plaie chronique difficile à traiter.

Voici quelques conseils de base :

  • Examinez vos pieds chaque jour. Prêtez attention à tout changement, si minime soit-il : rougeur, enflure, douleur, saignement, égratignure, picotement, engourdissement. Pour vous faciliter la tâche, utilisez un miroir à main.
  • Lavez vos pieds chaque jour avec de l’eau tiède et un savon doux. Prenez soin de vérifier la température de l’eau avec votre coude.
  • Si vos pieds sont secs, appliquez une crème hydratante régulièrement. Évitez d’en mettre entre les orteils, car cela pourrait entraîner la formation d’un champignon, appelé « pied d’athlète ».
  • Évitez d’utiliser les coussins chauffants et les bouillottes pour les pieds et les jambes.
  • N’utilisez pas de produits en vente libre pour enlever les callosités ou les cors sans l’avis de votre médecin ou de votre podiatre. N’utilisez pas non plus d’outils tranchants.
  • Coupez vos ongles d’orteils droit et limez-les avec une lime d’émeri plutôt qu’en métal.
  • Évitez de marcher pieds nus. Avant d’enfiler vos chaussures, assurez-vous qu’aucun caillou ou petit objet piquant ne s’y trouve.
  • Cessez de fumer, car le tabac aggrave les problèmes de circulation sanguine.
  • Faites examiner annuellement vos pieds par un professionnel (podiatre).

Le traitement du diabète

Le traitement du diabète vise essentiellement à normaliser le taux de glycémie (taux de sucre dans le sang). Il repose sur quatre points essentiels :

  • une alimentation saine et équilibrée;
  • l’activité physique régulière;
  • le suivi rigoureux de sa médication, si des médicaments sont prescrits. Il existe de nombreuses classes de médicaments contre le diabète, sous forme de comprimés ou d’injections;
  • une bonne gestion du stress.

La recherche sur le traitement médicamenteux du diabète est un domaine en constante évolution, et plusieurs avancées sont faites chaque année.

La mesure de la glycémie

Les mesures de la glycémie permettent d’évaluer le succès du traitement. Elles sont aussi un excellent indicateur pour ajuster les doses de médicaments et l’horaire de leur prise, afin de maintenir en tout temps une glycémie  à l’intérieur des valeurs cibles :

Valeurs cibles Valeurs optimales
Glycémie à jeun et avant les repas

Entre 4,0 à 7,0mmol/L

Entre 4,0 et 6,0mmol/L
Glycémie 2 h après les repas
Entre 5,0 et 10,0mmol/L
Entre 5,0 et 8,0mmol/L                              

La lecture de la glycémie

La glycémie se mesure à l’aide d’un petit appareil portatif appelé « glucomètre » ou « lecteur de glycémie ». Votre  pharmacien peut vous renseigner sur les différents types d’appareils et leur fonctionnement.

Grâce à un autopiqueur, vous prélevez une goutte de sang sur le bout de votre doigt et la soumettez à l’analyse du lecteur de glycémie. En quelques secondes, le lecteur affiche le taux de glycémie.

La fréquence des tests de glycémie

Le nombre de tests quotidiens sera établi par le médecin et l’équipe traitante, selon votre condition :

  • Au début, des tests plus fréquents sont parfois nécessaires (jusqu’à huit par jour).
  • Au fur et à mesure qu’une amélioration est notable, la fréquence des tests diminuera pour se stabiliser (de un à quatre tests par jour).
  • Les diabétiques de type 1 doivent procéder à la prise de glycémie de trois à quatre fois par jour sur une base régulière, car la quantité d’insuline à s’injecter dépend directement du taux de glycémie avant les repas.

Comment choisir votre lecteur de glycémie?

Plusieurs lecteurs de glycémie sont maintenant offerts sur le marché. Il existe certainement un modèle qui vous  conviendra. Avant d’en choisir un, prenez le temps d’examiner les particularités de chacun, en fonction de vos besoins, et d’en discuter avec votre pharmacien. Sachez aussi que de nouveaux types de lecteurs de glycémie font constamment leur entrée sur le marché, afin de répondre à de nouvelles normes technologiques.

  • La grosseur de l’appareil

 Pensez à votre aisance à le manipuler, à la grosseur des chiffres qui s’affichent et au transport de l’appareil lors de vos diverses activités.

  • Les bandelettes tests

Sont-elles faciles à sortir de l’emballage et à manipuler pour les tests ou demandent-elles trop de doigté? Pouvez-vous facilement y appliquer votre échantillon de sang?

  • L’autopiqueur

Avez-vous de la difficulté à l’utiliser, à y insérer les lancettes (aiguilles) et à les retirer?

  • La calibration

Cette étape est nécessaire pour plusieurs lecteurs de glycémie. Assurez-vous que la calibration soit facile à effectuer. Vous pouvez également choisir un lecteur qui offre une calibration automatique, et ne requiert aucune manipulation additionnelle, si cela est plus facile pour vous.

  • La performance

Vérifiez la vitesse d’exécution du test et la mémoire disponible. Vérifiez également la possibilité de télécharger vos résultats dans un ordinateur, si cela est intéressant pour vous. Tous les appareils sur le marché sont très performants. À vous d’en choisir un selon vos critères prioritaires.

  • Les piles

Avec quel type de piles le lecteur fonctionne-t-il? Les piles de rechange sont-elles faciles à trouver?

  • La précision

Tous les lecteurs de glycémie présentent une très grande précision. Lisez bien le mode de fonctionnement.

  • Le service

Informez-vous du service après vente, au cas où vous auriez un problème avec votre appareil.

La maîtrise du diabète n’est pas un choix, mais un incontournable afin de profiter pleinement de votre vie. N’oubliez pas qu’une saine alimentation et l’activité physique régulière sont tout aussi essentielles que la prise de médicaments. Elles font partie intégrante de votre traitement! N’hésitez pas à demander conseil et à poser des questions aux professionnels de la santé qui vous soignent.

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